Arôme

À l'origine du temps des hommes, les dragons ne rêvaient pas le monde tel qu'il est aujourd'hui. Au cSur des cités d'antan se trouvaient les palais des Dragons. Leurs serviteurs, les humains, habitaient autour des palais. Les plaines et les collines étaient autant de terrain de jeux, les montagnes autant de paysages sereins où se promener. Les déserts et les marais, lieux de cauchemar, n'existaient pas. Et le rêve des Dragons était alors unique et multiple. Dans leur infinie sagesse, les Dragons, soucieux de pouvoir se rendre des visites de courtoisie, rêvaient que toutes les routes menaient à un point unique, nommé l'Arôme des Rêves, ou encore la Cour des Dragons. Ainsi, pour rendre visite à un ami, il suffisait d'aller à Arôme, puis de se rendre directement chez cet ami. Mais il était tout aussi simple de se donner rendez-vous à Arôme. Tous les Dragons rêvaient de cette place d'entente, où il faisait bon se retrouver.

Malheureusement, vint un jour où les gnomes découvrirent que les larmes de joie qui s'écoulaient des joues des Dragons lors des fêtes quasi-permanentes qui avaient lieu à Arôme contenaient l'essence du plaisir même des Dragons à rêver. Ce faisant, les gnomes curieux étudièrent le phénomène, et transmirent leurs découvertes aux humains. Les humains commencèrent à mieux comprendre le monde, et se révoltèrent contre leurs maîtres. Les larmes des Dragons devinrent larmes de peine, car ils ne pouvaient plus rêver à satiété. Mais les premiers magiciens utilisaient aussi cette peine à leur fins. Les dragons, d'un mouvement commun, se réveillèrent. Ce fut la fin du Premier Âge.

Une éternité passa. Le rêve des Dragons n'existait plus. Puis les Dragons, fatigués, se rendormirent. Mais, toujours blessés de leurs erreurs passées, ils ne se rêvèrent plus. Les humains vivaient seuls dans les cités de leurs maîtres passés. Les magiciens prirent bientôt la place des Dragons, gouvernant sagement, chacun de son côté, les nombreuses cités des rêves. Ce fut un Âge de prospérité, où les hommes vivaient heureux, bien que chacun se rendît compte que les villes n'étaient que le reflet de leur grandeur passée. Les dirigeants des hommes rejetaient la faute sur de lointains rivaux. Après tout, qu'importaient ces rivaux, quand la distance à elle seule interdisait aux hommes de s'affronter. Mais les rancSurs s'accumulaient, et bientôt les magiciens cherchèrent un moyen de faire payer à leurs lointains voisins le prix de leur bonheur perdu.

Ce fut à cette période que plusieurs d'entre eux découvrirent la place privilégiée qu'occupait la cité d'Arôme. Cette cité, qui avait été le lieu privilégié des fêtes des Dragons, n'était pas contrairement à bien des autres devenu triste avec la fin du Premier Âge. Le reliquat de la joie des Dragons s'y faisait sentir, et pendant de nombreuses années, elle avait vécu retirée sur elle même, sans qu'aucun de ses habitants ne cherche à prendre la place des Dragons. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'en dépit des innombrables guerres pour s'emparer d'Arôme que se livrèrent les Haut-Rêvants ennemis, la ville d'Arôme existe encore telle quelle est de nos jours. Les Dragons, pleurant sur le sort de leurs seuls serviteurs encore fidèles, décidèrent de la rêver de nouveau, mais de la protéger cette fois de la convoitise des jaloux.

Il y eut donc des guerres, la cité fut pillée maintes fois, car sa place stratégique au carrefour de toutes les routes des rêves faisait d'elle l'enjeu de batailles, et le gagnant d'un jour, devenant perdant le lendemain, faisait son possible pour que son successeur, ne puisse pas plus que lui la garder. Les guerres furent nommées La Puanteur, car les cadavres dans les rues se décomposèrent, laissant planer sur la ville une puanteur infâme, alors que le sang versé laissait derrière lui en séchant l'odeur âcre de la mort. La puanteur du cauchemar régnait en maîtresse incontestée sur les parfums délicats de la ville. Ce fut la fin du Deuxième Âge.

Les Dragons s'étant réveillés sur le souvenir de cette ville déchirée de toute part par la folie des Haut-Rêvants, finirent par se rendormir. Le Troisième Âge débuta, et pour la ville d'Arôme, il marqua une transformation profonde. Elle se situait en quelque sorte dans son rêve propre, ne pouvant être conquise, car aucune route connue n'y menait. L'odeur des massacres avait disparu, la ville ayant été lavée par le rêve neuf des Dragons. Elle était belle, fière et glorieuse.

Mais chacun sait que toutes les routes mènent à Arôme. Pour les Dragons, cette cité merveilleuse ne pouvaient pas être la plus belle de tous les rêves, si personne ne pouvait s'y rendre pour s'émerveiller devant elle. Aussi, la mémoire d'Arôme se perpétua, et nombreux sont les voyageurs qui de nos jours cherchent à l'atteindre.






- Dernière mise à jour le 23/09/2003 - 357 voyageurs sont déjà passés par là
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